ROPPA - WILDAF, « Femmes et paysans ouest-africains contre la pauvreté »
Le projet « Femmes et paysans ouest-africains contre la pauvreté » initié par l’Organisation régionale de défense des droits de la femme WILDAF et le Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) a été officiellement lancé le 17 juillet 2012, à Ouagadougou.
La cérémonie a été rehaussée par la présente effective du ministre burkinabè des Droits humains et de la promotion civique, M. Albert OUEDRAOGO qui a officialisé l’acte de démarrage du projet au Burkina Faso. Mais, en réalité, sur le terrain, quelques activités préliminaires ont déjà eu lieu, notamment le choix de la région de Kongoussi (à une centaine de kms de la capitale) comme site de mise en œuvre du projet et le recrutement suivi de la formation des parajuristes appelées à relayer les connaissances sur les droits politiques et économiques de la femme au niveau communautaire ou local.
Pour les organisations engagées dans ce projet (WILDAF et ROPPA), l’objectif recherché est de réduire un tant soit peu le fardeau qui pèse sur la femme agricultrice ouest-africaine tant au plan socio-culturel que par rapport à sa capacité d’accès au foncier, au crédit et à la technologie. Sur l’ensemble des résultats attendus et principales activités à mettre en œuvre, Mme Haridiata DAKOURE, présidente de WILDAF Burkina relayée par Mme Mathilde SANTANNA, représentant le Bureau sous-régional Afrique de l’Ouest, ont apporté à l’assistance les informations nécessaires et exhorté les parties prenantes à faire de ce projet, un succès à l’avantage de la femme agricultrice.
Ainsi, au terme des cinq années de mise en œuvre, ce sont au total 7000 agricultrices qui seront renforcées dans leurs connaissances des droits de la femme et appuyées dans leurs initiatives agricoles. En clair, le renforcement des capacités et le plaidoyer pour l’intégration du genre dans la mise en œuvre des politiques agricoles régionales sont au cœur des stratégies d’action de ce projet. Sa réussite dépend de l’engagement de tous, société civile, autorités coutumières et décideurs politiques. C’est du moins le message fort du président du ROPPA, M. Djibo BAGNA qui conduisait une délégation de son Conseil d’administration à cette cérémonie. Après avoir fortement défendu l’idée qu’aucun développement n’est possible sans l’intégration de la femme, il a lancé un appel au gouvernement du Burkina Faso afin qu’il apporte un soutien conséquent à la bonne marche du projet. Pour le président du ROPPA, la question de la protection des droits de la femme ne devrait souffrir d’aucune réserve tant il est vrai qu’elles sont à la fois pionnières de l’agriculture familiale et garantes de la sécurité alimentaire. En le disant, M. Djibo BAGNA aura fortement apporté de l’eau au moulin de la présidente du Collège national des femmes (Burkina Faso) du ROPPA, Mme Diéneba, Diallo qui, dans son intervention, a bien mis en évidence l’étroite corrélation entre le bien-être de la femme, l’épanouissement de la famille et l’équilibre social des communautés et des nations.
Répondant aux de interpellations des uns et des autres, le ministre burkinabè des droits humains et de la promotion civique est plutôt passé pour un adepte convaincu de la valorisation du statut de la femme rurale. Celle-ci jouit de moins de droits dans notre société selon les propos du ministre Albert OUEDRAOGO qui considère que la femme doit être davantage placée au cœur de la gouvernance. De son discours visiblement engagé, on retiendra cet appel à valoriser les hommes qui se comportent en compagnons bienveillants et exemplaires de leurs épouses. Une manière de revendiquer une prime à la bonne conduite sociale des hommes vis-à-vis de leurs mères, sœurs et épouses. Et ce ne serait que justice !
Service communication Secrétariat Exécutif du ROPPA