Bulletin mensuel d’informations de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali [CNOP-INFOS N°1]
Chers lectrices, Chers lecteurs,
Après un moment d’éclipse CNOP - INFO revit pour faire revivre la voix des paysannes et des paysans à un moment où les enjeux demeurent plus que cruciaux.
Depuis le vote et la promulgation de la Loi d’Orientation Agricole en 2006, sa mise en œuvre piétine ; pourtant ce projet avait soulevé des grands espoirs pour le monde rural ; espoir d’un vrai développement rural basé sur les exploitations familiales paysannes dans lesquels on aurait enfin commencé à investir. A ce jour aucun financement réel n’a été encore libéré pour sa mise en œuvre qui est devenue synonyme d’évaluation de la campagne agricole lors des sessions du Conseil Supérieur de l’Agriculture présidé par le président de la République.
En dehors de la subvention des intrants décidée pour contrer la crise alimentaire, rien n’arrive dans les exploitations familiales en termes d’investissement pour la modernisation. Pourtant, il n’y a aucun lien entre le projet d’avenir qu’est la LOA et une initiative conjoncturelle décidée en période d’émeutes de la faim.
Ce qui étonne plus aujourd’hui par rapport à ce dossier, ce sont les initiatives contraires prises au plus haut sommet de l’Etat qui vont à l’encontre de cette LOA et de l’intérêt des groupes les plus vulnérables que sont les paysannes et paysans. En effet, dans les hautes sphères de l’Etat malien, on ne parle plus que d’entreprises agricoles, d’investisseurs étrangers ou nationaux ; mais on a oublié que la LOA élaborée suite à un long processus participatif, a placé l’Agriculture familiale au cœur de son action.
Aujourd’hui, une violence d’un autre âge s’exerce sur les paysannes et paysans qui osent se lever pour défendre leurs terres ancestrales (Sanamandougou, Kolongotomo, San) ; partout c’est la répression des forces de l’ordre et des arrestations arbitraires.
Pendant ce temps aucun investissement concret n’est fait pour régler les vrais problèmes paysans, la seule chose claire reste la volonté ferme de déposséder les petits producteurs de leurs terres.
Incohérence quand tu nous tiens ! Mais les paysans n’attendent pas se laisser faire, ils s’organisent pour défendre leurs terres partout au Mali comme la LOA leur a reconnu ainsi que le droit coutumier reconnu dans le code domanial et foncier.
Ce n’est pas un titre foncier obsolète et illégal établi par nos anciens colonisateurs qui peut être utilisé 50 ans après des dites indépendances pour justifier des actes aussi barbares, illégaux et inhumains (certains villages aujourd’hui dépossédés existent depuis plus de huit cents ans) ou alors nous devrions rappeler les colonisateurs pour revenir prendre les rênes de notre pays car au moins eux ont établi le titre foncier des terres des communautés paysannes, mais ils n’ont chassé personne, ni battu des femmes jusqu’à les faire avorter ; ce qui se fait sans état d’âme aujourd’hui avec l’utilisation des forces de l’ordre de l’Etat malien.
Président Ibrahim COULIBALY