Accueil»  » Atelier de capitalisation « OP et Politiques » : Des enseignements mis en lumière pour mieux agir

Atelier de capitalisation « OP et Politiques » : Des enseignements mis en lumière pour mieux agir

Inter-Réseaux a organisé en partenariat avec le ROPPA les 24 et 25 janvier à Ouagadougou, un atelier d’échanges et de capitalisation sur la participation des OPs dans le processus d’élaboration des politiques agricoles en Afrique de l’Ouest.

Il s’agissait de présenter et de tirer les enseignements d’études récentes réalisées par des ONG et des consultants en partenariat avec le ROPPA et certaines de ses plateformes nationales membres. Ces travaux ont été financés par l’AFD, et coordonnés par Inter-réseaux, dans le cadre d’un projet d’appui au ROPPA et aux plateformes (projet « réseaux Paar ».

Quatre études ont été constitué les références de cet atelier :

- une analyse générale de la participation des OP ouest-africaines aux politiques agricoles et commerciales, mettant l’accent sur le niveau régional, (Issala, Lares, Jade, Roppa)

- un travail de collecte et d’analyse de données sur les exploitations familiales aux Sénégal mené par la Fongs

- une analyse de la participation des OP sur deux dossiers au Sénégal : les politiques foncières et la négociation des Accords de Partenariat Economiques, (Ipar, Cirad, CNCR)

- une analyse de la complémentarité nécessaire des OP filières et des OP généralistes centrée sur les cas du Burkina-Faso et du Bénin (Afdi, Iram, CPF, Fupro)

L’attente principale de cette réflexion collective était la valorisation des acquis de ces capitalisations dans la mise œuvre du Plan quinquennal du ROPPA.

Les participants, une cinquantaine, venus de l’ensemble des plateformes du ROPPA (sauf la Guinée-Bissau) et divers partenaires institutionnels ont, pendant 48 heures, revisité le contenu des capitalisations dans un objectif d’enrichissement ; un exercice de partage et d’appropriation auquel ont été associés les porteurs desdites capitalisations. Le ROPPA a, dans ce même esprit, apporté des éléments complémentaires de compréhension et d’analyse contribuant ainsi à éclairer les acteurs sur les enseignements qui s’imposent.

Un autre moment-clé de l’atelier a été consacré à une lecture croisée des leçons des différentes capitalisations avec les axes stratégiques et les activités planifiées dans le cadre du Plan quinquennal du ROPPA (2012-2016) et plus spécifiquement à travers son programme opérationnel 2012. Une convergence d’intérêts et de priorités s’est dégagée autour de trois thématiques :

  l’affinement du plaidoyer en faveur de l’exploitation familiale, en utilisant notamment l’observatoire que le ROPPA a prévu de mettre en place dans les années à venir ;

  le « profilage économique » des OPs, c’est-à-dire l’importance de mieux capitaliser les expériences économiques des OP et d’améliorer la complémentarité entre OP filières et OP « généralistes » ;

  et la problématique des stocks et réserves alimentaires qui font l’objet de nombreuses discussions en ce moment au niveau régional et dont la pertinence est largement établie en relation avec les stratégies d’anticipation et de réponse aux chocs alimentaires dans la région ouest-africaine.

L’approche participative aidant, l’atelier a permis de recueillir auprès des participants, des apports riches et variés sur ces trois thématiques qui aideront à alimenter le plaidoyer du ROPPA. Il est également entendu que les nombreuses recommandations formulées au terme des travaux en rapport avec les exploitations familiales, le profilage économique et les réserves alimentaires viendront inspirer la mise en œuvre de ce Plan quinquennal.

En fait de recommandations , l’accent a été mis substantiellement sur les actions ci-après :

En rapport avec les Exploitations Familiales

• Elaborer une démarche simplifiée pour la mise en place des dispositifs de suivi des Exploitations familiales et partant de l’Observatoire et ceci, à partir d’un nombre limité d’indicateurs censés répondre aux principales fonctions de l’observatoire que sont la production de connaissances, la veille et l’alerte sur les politiques nationale, régionales et internationales pour la construction d’argumentaires et de propositions alternatives ;

• Mettre en place un comité de veille sur les politiques aux niveaux national et régional, composé de leaders et de techniciens ; • Créer les conditions de valorisation des dynamiques capitalisées (Bénin, Burkina, Mali, Niger, Sénégal) à travers voyages d’échanges et autres appuis spécifiques ;

• Différencier les besoins par niveaux : local, national et régional ;

• Prendre en compte la dimension genre, notamment l’implication du collège des femmes, du collège et des femmes ainsi que les cadres de concertation des filières (riz, élevage, pêche, lait, horticulture) dans les dispositifs de suivi à mettre en place.

En lien avec le Profilage économique

• S’appuyer au maximum sur les OP en organisant des échanges paysans aux différents niveaux (sur le contenu et la démarche méthodologique) ;

• Prendre en compte toutes les dynamiques significatives (celles des membres des plateformes et des autres) dans le processus de capitalisation ;

• Compléter les travaux réalisés par les OP si besoin pour disposer d’informations précises (données chiffrées pour appuyer les argumentaires) ;

• Mettre en place une nouvelle dynamique de partage efficace de l’information (entre organisations, entre paysans) ;

• Intégrer le calendrier et le rythme d’évolution des task-force.

Concernant la réserve alimentaire régionale

• Positionner les Exploitations Familiales sur la problématique de la réserve alimentaire ;

• Avoir une stratégie visant, à court terme, à alimenter le plaidoyer et développer aussi une stratégie à long terme sur le système d’information, la constitution des stocks, etc.

• Utiliser la "task force" sur les réserves alimentaires pour influencer sur les décisions au niveau régional (Ecowap) ;

• Préparer une note d’orientation pour la prochaine réunion de la "task force" ;

• Prendre en compte l’agenda de l’ECOWAP sur la réserve alimentaire en Afrique de l’Ouest ;

• Valoriser les productions nationales et privilégier les achats locaux comme source première d’approvisionnement de la réserve régionale.

De façon plus transversale

• Sur l’ensemble des thématiques, construire des alliances stratégiques à différents niveaux incluant les réseaux de producteurs et de pasteurs, les organisations internationales, les organisations d’intégration régionale, les instituts de recherche, la société civile, les médias, etc.).

En somme, le pari serait gagné si les leçons apprises de ces capitalisations et les éclairages apportés par cet atelier venaient effectivement éclairer l’action future. C’est dire combien il est essentiel que les résultats et résolutions issus de cette rencontre soient relayés de façon exhaustive à la base, au niveau des plateformes nationales du ROPPA qui devront y trouver une plus-value dans la défense et la gestion des intérêts de l’agriculture familiale ouest-africaine.